COLDWORLD - MELANCHOLIE²

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COLDWORLD - MELANCHOLIE²

Message par WhiteRaven le Lun 22 Juin 2009 - 13:01


"Toute nouvelle signature du label germanique Cold
Dimensions, déjà responsable de la sortie d'une dizaine de productions
placées sous le signe d'un black / dark ambiant cristallisant des
atmosphères glaciales (on pense notamment aux deux pointures du genre
que sont les désormais défunts Lunar Aurora et Trist), ColdWorld
emprunte les mêmes sentiers que ses compagnons d'écurie, d'où
l'assurance, pour nous auditeurs, de savoir exactement où l'on pose les
pieds sans risquer une quelconque déconvenue, à défaut de tomber sur de
réelles surprises.


Mené par le multi-instrumentiste Georg Börner, seul et unique maître à bord, ColdWorld
se situe à mi-chemin entre un black metal lent et un dark ambiant aux
atmosphères typiquement hiémales. Comme si sa musique se retrouvait
constamment tiraillée entre les styles caractéristiques de Burzum,
de par ses nombreux mid-tempi hypnotiques sur lesquels viennent se
poser des riffs lancinants au son aussi sec que l'écorce d'un arbre
pourrissant, et Vinterriket,
de par ses parties de synthé grandioses dégageant une ambiance
hivernale envoûtante, révélant des sensations ambivalentes, si belles
et si tristes à la fois, la solitude et l'espace, donnant l'impression
de se retrouver perdu, abandonné au beau milieu d'une contrée enneigée
étendant son manteau de glace à perte de vue, tandis que les flacons
tombant dru dissimulent les traces de nos pas égarés, rendant au
paysage sa blanche virginité originelle.

Rien de bien novateur certes, mais il y a tout de même pire comme références. D'autant que ColdWorld dispose d'un atout maître : sa diversité.

Beaucoup trop de formations musicales œuvrant dans le black dit
atmosphérique ont tendance à servir une formule immuable en se calant
sur des rythmes linéaires et des riffs répétitifs sur toute la durée
d'un album, la sensation d'hypnotisation recherchée se transformant
alors progressivement en lassitude.

ColdWorld
parvient admirablement à éviter cet écueil en proposant une musique
relativement riche tout en restant cohérente, ce qui n'est pas un mince
exploit dans un style aussi balisé, et c'est tout à son honneur !

Les alternances entre black et ambiant tombent toujours à point
nommé, naviguant entre mélodies éthérées et nappes contemplatives,
agrémentées de quelques touches acoustiques fort bien venues ("Escape", la fin de "Red Snow" enchaînant avec "Stille") et de passages typés old-Katatonia
avec des leads dégageant un vague à l'âme tenace, avec une mention
particulière pour "Tortured by Solitude" sur lequel vient se poser une
superbe mélodie de violon révélatrice d'une tristesse infinie. ColdWorld
sait même se ménager quelques (brèves) accélérations (comme sur le
morceau d'ouverture "A Dream of a Dead Sun") soutenues par des nappes
de claviers vaporeuses, si bien qu'aucune agressivité ne vient troubler
la quiétude ambiante.

Beaucoup de relief donc dans ces paysages défilant sous nos yeux
et il est très agréable de s'imaginer parcourir ces contrées pourtant
d'apparence inhospitalière.


Malgré la désolation et la profonde tristesse exprimées par la
musique, le titre de l'album semble tout de même quelque peu exagéré,
la mélancolie étant l'un des états dépressionnaires les plus graves,
s'apparentant à une torture mentale accompagnée de malaises physiques
atroces et d'un extrême dégoût de vivre. Rien de tel avec ColdWorld,
la sensation dominant au sortir de l'écoute étant plutôt l'apaisement …
du genre de celui que l'on ressent lorsque, enveloppé d'une aura
glaciale, notre corps s'engourdit à mesure que le froid s'insinue dans
nos veines et cristallise progressivement notre sang. La mort tout en
douceur, en somme ... comme l'exprime parfaitement le titre "Escape" clôturant l'album.


Malgré toutes ses qualités, cette œuvre n'en est pas pour autant
parfaite, la musique souffrant parfois de l'isolement de son unique
compositeur. On notera surtout un son un peu trop synthétique (défaut
accru par l'usage d'une boîte à rythmes) ainsi qu'une qualité de mixage
perfectible et une voix black remplissant son rôle mais sans plus.

Mais Goerg Börner s'est avéré suffisamment inspiré et ses
compositions sont suffisamment bien réalisées pour réussir sans peine à
convaincre l'auditeur, à condition que celui-ci soit réceptif. Il
s'agit bien du genre de disque qu'il est inutile de proposer aux
partisans de black brutal et malsain, ceux-ci ne pouvant que rester de
glace face à tant de morosité.

En revanche, les âmes en peine adeptes d'ambiances froides et
contemplatives peuvent s'y jeter dessus sans aucune hésitation. Elles y
trouveront de quoi leur faire passer l'envie de voir le soleil d'un bon
moment.

Ne reste plus qu'à leur souhaiter la bienvenue dans le royaume de l'Hiver éternel … et bon voyage …"

Morceau à écouter : Escape (instrumental)
Source : http://www.spirit-of-metal.com
Lien : http://www.myspace.com/thestarsaredeadnow

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